Formation Cyberjeunes OXFAM - Plan de cours

Introduction, survol et évaluation (5 minutes)

Présentation

Omar Bickell travaille dans le domaine du Web depuis 1995, et avec les logiciels libres depuis 2000 environ. Après avoir quitté Alternatives.ca - http://alternatives.ca, il a co-fondé une OBNL nommée Koumbit.org - http://koumbit.org, qui utilise des logiciels libres pour fournir des services à bon marché aux groupes communautaires. Koumbit est l'un des instigateurs du libre le plus important au Québec, et est largement reconnu pour sa structure innovatrice.

Survol

Ce cours vise à :

Évaluation

Afin d'évaluer la familiarité des étudiants avec les logiciel libres :

Qu'est-ce que le logiciel libre?

Définition (10 minutes)

http://www.gnu.org/philosophy/free-sw.fr.html http://fr.wikipedia.org/wiki/Logiciel_libre

Le logiciel libre ou Free/libre and Open Source software (FLOSS) comporte 4 libertés fondamentales :

L’expression fait référence à la liberté et non pas au prix (il faut penser à la « liberté d’expression » plutôt qu’à la gratuité que signifie parfois le mot free, même si les logiciels libres sont souvent gratuits). C’est pour préciser le terme anglais que le mot d’origine latine « libre » a été ajouté dans l’acronyme FLOSS.

Historique (2 minutes)

Veuillez consulter les liens en ligne sur le site CyberBaobab.

1950-1980 : Il était normal pour les informaticiens et fabricants de matériel de partager leurs logiciels. Jusqu'à l'avènement de l'informatique grand public, le logiciel n'était pas considéré comme une « oeuvre » soumise aux lois sur le droit d'auteur/copyright.

1981 : Bill Gates achète les droits exclusifs sur le système d'exploitation DOS et fonde son empire sur la vente de licences d'utilisation.

1983 : Lancement du projet GNU (http://www.gnu.org) et définition formelle du concept de logiciel libre par Richard Stallman.

1991 : Linus Thorvalds lance le système d'exploitation GNU/Linux.

1993 : Tim Berners-Lee du CERN établit les bases du World Wide Web (langage HTML et du protocole HTTP). Le CERN renonce à son copyright par voie de communiqué, et place donc son invention dans le domaine public. (Le Web n'est pas un logiciel comme tel, mais le code qui le fait fonctionner est libre).

1993-2007 : Les logiciels libres contribuent au développement du Web. Exemples : serveurs Apache, gestionnaires de bases de données MySQL.

2000: Sun Microsystems met le code source de sa suite bureautique StarOffice sous licence GPL, ce qui donne naissance au projet OpenOffice.org.

2000-2007 : Le logiciel libre est en grande partie à la base de l'engouement pour les applications interactives en ligne (phénomène « Web 2.0 »). Exemples : logiciels de type wiki (Wikipédia), blogues (WordPress) et systèmes de gestion de contenu ou CMS (Drupal, SPIP, Mambo, Joomla).

Aujourd'hui :

En général, deux visions fondamentales émergent autour des logiciels libres. L'une, représentée par Richard Stallman, est basée sur la protection et la promotion des droits afin d'assurer la création de biens communs pour la société. L'autre, plus associée avec Linus Torvalds et Eric Raymond, met l'emphase sur l'efficacité de l'approche collaborative plutôt que ses mérites sociaux.

Catégories (2 minutes)

Ce diagramme est tiré de http://www.gnu.org/philosophy/categories.fr.html

Note : Les logiciels à code source ouvert sont presque tous libres, quoique certains sont distribués sous des licences jugées trop restrictives par la Free Software Foundation.

Note : Placer les innovations dans le domaine public est un comportement rare. Le logiciel libre et les contenus ouverts sont le plus souvent livrés avec certains types de licences, qui permettent une meilleure articulation des droits et restrictions prévus dans le régime universel du copyright, notamment :

Il s'agit du mode « certains droits réservés » plutôt que « tous droits réservés » !!!

Types de licences (1 min)

Veullez consulter les liens en ligne sur le site CyberBaobab.

Références :

Lawrence Liang, A Guide To Open Content Licences, Piet Zwart Institute, décembre 2004, http://pzwart.wdka.hro.nl/mdr/research/lliang/open_content_guide

http://www.opensource.org/licenses/category Open Source Licenses by Category

Tour d'horizon de quelques logiciels libres (25 minutes)

Mozilla Firefox (navigateur Web) http://www.mozilla-europe.org/fr/products/firefox

Mozilla Thunderbird (logiciel de courrier électronique) http://www.mozilla-europe.org/fr/products/thunderbird

Ubuntu Linux ( http://www.ubuntu-fr.org

<!> The OpenCD http://www.theopencd.org

<!> NGO-in-a-Box (suite de logiciels) http://www.ngoinabox.org

<!> GNU-Win : Des logiciels libres qui fonctionnent sur Windows. http://gnuwin.epfl.ch/fr/index.html

<!> Drupal (système de gestion de contenu) http://drupal.org

SPIP (système de publication collaboratif) http://spip.org

<!> Wiki e.g. wikipedia.org

Gobby (édition de texte simultanée multi-usagers) http://gobby.0x539.de/trac

Enjeux, problématique et contexte

De plus en plus, tout est informatisé. En conséquence, la capacité de comprendre et manipuler l'information, et donc de comprendre et manipuler les outils qui produisent et gère l'information, est devenue primordiale. De plus en plus, les organisations vont se démarquer par leur capacité de se faire entendre, de bien saisir les données reliées à leurs activités, de bien développer et gérer les relations avec leurs bailleurs de fonds et leur public, de pouvoir protéger leur systèmes informatiques contre les abus, etc. Contrairement aux solutions propriétaires, où l'appropriation par l'usager est limitée par définition, et où la ligne directrice est de favoriser la dépendance technologique, les logiciels libres favorisent la participation, l'apprentisage et l'autonomisation.

Enjeux politiques internationaux

Le droit à la communication (5 minutes)

Ce droit a été revendiqué dans les années 1970 par les pays en développement dans le cadre de l’UNESCO, afin de défendre leur souveraineté et de contrer le monopole des pays riches sur l'information.

La source d’inspiration en est l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948 :

Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. http://www.un.org/french/aboutun/dudh.htm

Le problème est que les pays développés ont étendu le concept d'individu aux personnes morales (corporations, firmes transnationales), ce qui a causé des frictions avec les gouvernements des pays en voie de développement et les ONG.

Le fossé numérique et le SMSI (5 minutes)

Le fossé ou la fracture numérique (digital divide) est un terme apparu au milieu des années 1990, qui s'applique autant à l'intérieur d'un même pays, entre riches et pauvres, que sur la scène internationale entre pays industrialisés et en développement.

Le fossé s'exprime à la fois en termes d'accès physique (ordinateurs et connexions Internet) et de capacités (computer literacy).

C’est la notion d’accès physique qui a pris le dessus, lors du Sommet mondial de la société de l’information (Genève 2003, Tunis 2005). Mais les ONG ont essayé de remettre de l’avant le droit à la communication, donnant donc une place plus importante aux logiciels libres.

Un nouveau modèle économique « menaçant » (5-10 minutes)

Dans une société capitaliste, les modèles d'affaires sont principalement basés sur la propriété (et de plus en plus sur la soi-disant propriété intellectuelle) ainsi que sur l'octroi de licences d'utilisation coûteuses. Avec les logiciels libres, au contraire, la richesse est créée par la collaboration et donc sur le degré de participation des communautés qui gravitent autour de chaque projet.

En mai 2006, le chef de la direction de Microsoft, Steve Ballmer, a déclaré que les principaux concurrents de sa firme étaient maintenant les logiciels à code source ouvert tels que Linux et les modèles d’affaires alternatifs qui les soutiennent. Microsoft fait présentement de grands efforts pour discréditer l'efficacité et la sûreté des applications libres, et va même jusqu'à rendre ses logiciels (comme le navigateur Explorer) « incompatibles » avec celles-ci.

Bref, il n'y a plus aucun doute qu'on peut faire de l'argent, même en donnant son travail gratuitement aux autres.

Mais comment on peut faire de l'argent tout en donnant ses droits à la collectivité? Prenons un exemple :

J'ai un client qui veut un site Web. Comme je peux télécharger l'outil de base (ex. Drupal - http://drupal.org) gratuitement et qu'il est assez complet, je n'ai pas besoin de charger cher au client (pas besoin de réinventer la roue!) et je peux du même coup me payer pour toutes les heures que je travaille. Même si j'étais un programmeur super qualifié, je n'aurais pas pu créer moi-même les fonctionnalités auxquelles des centaines (milliers?) de développeurs ont contribué jusqu'à ce jour, et le client n'aurait jamais pu se les payer.

Maintenant, faisons comme si mon client avait une demande spéciale qui n'était pas comblée par Drupal par défaut. Premièrement, je pourrais chercher si d'autres ont eu le même besoin auparavant (ce qui est fort probable), et si des développeurs ont déjà contribué à une solution dans la communauté (ex. forum, archives CVS/SVN). Si cette solution existe, je suivrai tout simplement les instructions d'installation, je chargerai le client le petit temps additionnel, et tout le monde sera content! Sinon, je pourrais modifier Drupal pour le client ou trouver un programmeur qui peut le faire. Encore une fois, tout le monde à ce qu'il veut. :-)

Finalement, si la modification s'avère trop importante et coûteuse pour mon client individuellement, nous avons toujours l'option d'essayer d'identifier d'autres individus ou organismes avec les mêmes besoins, qui seraient intéressés à partager les coûts. Je n'aurais tout simplement pas eu ces possibilités avec un logiciel propriétaire.

Si mon client ne décide pas d'apprendre à mettre à jour son site lui-même, il pourra me contacter pour appliquer les mises à jour des fonctionalités ou de securité. Comme cela représente un coût récurrent, mon client pourra choisir parmi un grand nombre de fournisseurs (puisqu'il n'y a pas de monopole sur l'outil), contrairement au frais d'entretien mensuels ou annuels associés au logiciels propriétaires.

Mais pourquoi redonner à la communauté? Est-ce juste de la philanthropie? Non! Même à défaut de motivation égoïste (ex. la gloire) ou sociale (ex. la révolution), on redonne le code à la communauté pour deux raisons principales : 1) pouvoir à son tour bénéficier des améliorations que les autres amèneront au code par le biais de leur travail pour leur client; et 2) ne pas avoir à subir les coûts d'entretien tout seul à long terme.

Tandis que tout le monde peut bénéficier librement de la valeur ajoutée par tous les contributeurs qui sont, eux-mêmes, souvent payés et motivés à contribuer, il y a toute une série de nouveau modèles d'affaires de « coopétition » qui se développent autour des logiciels libres.

Koumbit - http://koumbit.org est un example d'un organisme canadien qui fournit uniquement des solutions libres, et réussit à charger moins que les entreprises privées pour les mêmes services.

Certains chercheurs, comme Michael Albert et Robin Hahnel, ont tenté de définir ce modèle d'affaires alternatif et l'ont baptisé économie participative (ParEcon).

Références :

Wikipédia, s.v. « Économie participative », http://fr.wikipedia.org/wiki/Économie_participative

Yochai Benkler, « Coase's Penguin, or Linux and the Nature of the Firm », Yale L.J. 369 (2002-2003) téléchargeable en ligne sous license Creative Commons : http://www.yale.edu/yalelj/112/BenklerWEB.pdf.

Enjeux locaux (25 minutes)

Avantages du libre (5 minutes)

Désavantages du libre (5 minutes)

Quelques inconvénients vécus à destination...

Questions des étudiants

Questions à débattre (20 minutes)

Conclusion

Veuillez consulter le site de CyberBaobab

OxfamQuebec/2007-FormationNetcorpsCyberjeunes/PlanDeCours (last edited 2018-05-19 01:19:00 by gabriel)